Le compostage funéraire est un mode de sépulture alternatif à l’inhumation et la crémation. Il s’inspire en partie du procédé d’humification, qui consiste en la décomposition de la matière organique morte, comme les feuilles tombées des arbres, par les microorganismes du sol pour former de l’humus. Cet unique processus du sol est un élément essentiel du cycle biologique, il permet de réintégrer ce qui est mort à ce qui est vivant. 

Dans ce processus, le corps est placé dans un conteneur spécifique, généralement rempli de substrats végétaux biodégradables tels que du foin, de la paille, de la luzerne et d’autres matières organiques. Le microbiote présent dans le corps de la personne défunte, ainsi qu’un juste contrôle de l’humidité par un apport raisonné en eau, contribuent à une montée rapide – et naturelle – en température, favorisant ainsi la décomposition du corps et la destruction de pathogènes.

En utilisant ce processus inspiré de la nature comme une solution pour la prise en charge des défunt·e·s, cela permet la métamorphose de chacune de ses cellules en compost, une ressource essentielle pour nos sols, perpétuant ainsi le cycle de la vie.

Mise en linceul

Le corps est préparé pour être présenté à la famille et placé dans le cocon. Les soins de conservation à base de formaldéhyde ne sont pas autorisés. La mise en linceul peut être effectuée par l'agent·e funéraire ou par la famille. Ce moment peut être ritualisé et marquer le début du processus de transformation.

Mise en cocon

Le corps, une fois dans le cocon, est recouvert de végétaux, soigneusement sélectionnés pour favoriser le processus. Que du naturel : du foin, de la paille, de la luzerne, ... La famille peut également y ajouter des fleurs de son choix. Seul les éléments organiques, biodégradables et n'empêchant pas la transformation sont autorisés. Une fois prêt, la cérémonie d'hommage peut alors commencer.

Fermeture du cocon

Une fois la cérémonie terminée, le cocon est fermé, pour n'être réouvert qu'à la fin du processus, soit plusieurs semaines plus tard. Le cocon est étudié pour maintenir la chaleur et l'humidité en son sein, et pour effectuer un léger mouvement de balancier, lui permettant ainsi d'homogénéiser le substrat, et uniformiser l'apport d'air, absolument indispensable à la bonne décomposition des matières organiques.

Ouverture du cocon

Après plusieurs semaines (environ 8 à 12), le cocon est réouvert : il ne reste du corps plus que les os, et toutes les matières organiques dites "molles" ont été transformées en compost. Les ossements sont alors fragmentés (comme lors d'une crémation) et réintégrés au compost, ce qui l'enrichira de nutriments essentiels comme le calcium et le phosphore. Après une phrase de maturation d'environ un mois, le compost ainsi produit est prêt à l'emploi.

Le compost retourne ainsi à la nature ...

... et réintègre le cercle vertueux du Vivant

Dans l'idéal, une partie symbolique du compost peut être remise à la famille. L'autre partie (la plus grande) serait offerte à la collectivité, et sera épandue sur des terrains naturels, comme des friches, des parcs, des cimetières, des forêts, ... L'idée étant que cette nouvelle terre produite puisse aider à régénérer les sols et rendre au Vivant ce qu'il lui a offert tout au long de sa vie sur Terre.